
Forêt, je connais ton nom.
C’est celui que les ruisseaux chantent en te traversant,
C’est celui des feuilles qui crissent sous mes pas.
Crissent coeur, corps, et écorce.
Ton nom est vert, puis jaune, orange, rouge et blanc parfois.
Les chouettes le hululent et t’appellent pour chercher ton réconfort dans la nuit.
L’odeur des sangliers répand ton nom au vent
Les gazouillis du pinson ne parlent que de toi.
Ton nom ? Je l’entends encore : le pic vert le martèle de toutes ses forces, voulant le déloger du creux où les ecureuils l’ont caché en attendant l’hiver.
Ton nom je le vois : la mousse en trace les arabesques vertes sur l’écorce de tes plus vieux enfants.
Je le goute dans l’humidité de l’air, dans son acidité et son arôme d’argile.
Forêt,les cerfs te crient dans la brume du petit matin.
Ton nom est mille galops, mille fourmillements, mille bruissements.
Mille échos, mille sens, mille éléments.
Ton nom en mille lettres. Mille caractères d’eau, d’air, de terre et de feu.
Et moi, Forêt, demandes-tu, comment connais-je ton nom ? Comment le dis-je ?
Forêt, loin de toi, moi je le pleure ton nom.
11/03